Les activités sociales du comité d’entreprise ne doivent pas se limiter à la redistribution financière. Il est urgent de leur redonner du sens ! 9 février 2008
Posted by sciboz-expert-ce in Activités sociales et culturelles, comité d'entreprise.Tags: Activités sociales et culturelles, politique sociale
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Les Oeuvres sociales créées par les patrons ont été transférées au CE dès leur création. Elles sont devenues activités sociales et culturelles en 1982 lors du toilettage des textes par les lois Auroux (Jean Auroux fut ministre du travail dans le premier gouvernement Mauroy sous la présidence de François Mitterrand).
Un regard sur les pratiques les plus courantes rencontrées aujourd’hui dans les CE m’amène à la rédaction de cet article.
Que constatons nous : un accroissement considérable de la redistribution financière.
Certes le besoin de pouvoir d’achat existe dans ce pays. Certains en ont même fait l’axe de leur campagne électorale…
… et, de toute façon personne ne refuse l’argent… d’où qu’il vienne!
De plus, il est toujours plus facile de frapper à la porte du CE pour demander des sous que de demander une augmentation salariale… même si, ce qu’apporte le CE sous forme monétaire ne change pas fondamentalement la vie des salariés.
Cette politique de la redistribution n’est pas née avec les comités d’entreprise. Un bref retour sur l’histoire par la lecture des procès-verbaux de CE nous apprend que les élus ont commencé leur action sociale par la réponse au besoin du moment lors de leur création en 1945 :
“J’ai faim”. Ainsi naissait ce qu’il a été convenu d’appeler “les comités patates”
Pendant les trente premières années de leur existence -1945-1975- les comités d’entreprise -les plus gros surtout- ont été de formidables développeurs d’actions sociales :
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le tourisme social aux côtés des associations familiales
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le sport en entreprise
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les colonies de vacances, les centre aérés
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la culture, la bibliothèque
Sans les CE et la mouvance associative, les loisirs des français n’auraient pas connus ce développement au moment des “trente glorieuses”.
1975 : la restructuration permanente, les suppressions d’emplois qui l’accompagne, conduit les élus à se recentrer sur l’économie de l’entreprise.
Les gandes entreprises s’éclatent en de plus petites unités. De gros CE se trouvent confrontés, eux aussi, à des restructurations voire à des baisses drastiques de subvention.
Dans cette même période l’individualisation prend sa place dans notre société : liberté, et moi!, j’ai droit…
Les CE ne sont pas en reste. Ils remplacent le cadeau par le chèque au nom de la liberté de choix du salarié !
Le législateur prend le relais et créé le chèque vacances, la prime de garde d’engfants, le chèque emploi service devenu CESU aujourd’hui.
De plus en plus, quelque fois par facilité, le budget CE devient comparable à un versement d’allocations familiales…
A lors, je pose une question (pavé dans la mare ?) : A quoi servent les élus s’il s’agit uniquement de redistribuer la dotation patronale ?
Il est temps de redonner du sens aux activités sociales des comités d’entreprise.
L’objet du CE est l’aide aux plus démunis pour accéder à des prestations qui leur sont éloignées : j’ai faim hier…
Par cette action il crée le lien social entre lui et les salariés.
Ce mécanisme fonctionne dès lors que le CE est en phase avec l’attente des salariés.
Le monde des années 45/75 a changé. L’offre de loisirs s’est développée au point de placer le CE en situation concurentielle sur son propre marché… celui des loisirs de masse !
Il lui faut – à nouveau- devenir inovateur comme il a su le faire dans les premières années de son existence.
Un des domaines sur lequel il apparaît urgent d’agir est celui de la fracture… numérique, croisée de la fracture générationnelle.
L’information, la connaissance est désormais disponible pour tous via internet.
L’information, la connaissance accessible c’est une capacité de comprendre, une faculté d’exister, de résister aussi.
Le problème majeur aujourd’hui est que cette connaissance disponible n’est accessible, qu’à la moitié de nos concitoyens ; faute de moyens sûrement, faute de formation aussi et que ce frein touche principalement… les plus démunis !
Et pourtant le monde d’aujourd’hui -et plus encore celui de demain- est celui des techniques d’information et de communication.
Serait-ce là un bon moyen pour utiliser le DIF au bénéfice des salariés les plus éloignés de la formation professionnelle ?
Il n’existe plus une seule émission de radio, de TV… qui ne se termine pas par des coordonnées de site internet… comme si tous bénéficiaient ce cet accès !
Les CE ont ici un formidable défi à relever. Ils peuvent le faire dès lors qu’ils sauront s’ouvrir à d’autres : autres CE, associations, syndicats, collectivités locales pour :
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réfléchir à la problématique évoquée
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enquêter auprès de son public pour mieux appréhender la situation vécue
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examiner ensemble les réponses les plus appropriées sur une ville, un bassin d’emploi
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et ainsi redonner du sens aux activités sociales et culturelles… Un sens qui fait tant défaut aujourd’hui.
En ce qui me concerne, je suis prêt à faire vivre cette réflexion en vue de progresser ensemble.
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