Comité d’entreprise : le procès verbal de réunion doit-il être signé du président du CE ? 31 janvier 2008
Posted by sciboz-expert-ce in comité d'entreprise, président CE, réunion.Tags: président CE, procès verbal, signature
33 comments
Il n’est pas rare d’entendre les secrétaires de comités dire être confrontés aux difficultés rencontrés lors de la signature du PV de réunion par le président du CE.
Dans la plupart des cas, ce dernier souhaite, à cette occasion, modifier tel propos, revenir sur des engagements ou déclarations pris en séance, en somme, réécrire l’histoire, le plus souvent à son avantage.
Soit il demande voir écrit différemment les propos tenus, soit il affirme n’avoir jamais tenu de tels propos…
Disons le d’entrée, la signature du PV par le président ne revêt pas un caractère obligatoire.
Le texte légal impose 3 étapes
- la rédaction du PV assurée par le secrétaire
- la transmission de ce PV au président et autres membres du comité
- l’adoption du PV par ses membres à la réunion qui suit.
Cette adoption s’effectue en séance à la majorité des membres présents.
Nul texte ne parle de signature, ni celle de son auteur de droit, le secrétaire, ni à plus forte raison, celle du président.
Pour autant, je recommande la signature du PV par le secrétaire puisqu’il en est le rédacateur. Les salariés doivent savoir qui est responsable cette communication même si le procès verbal doit être le reflet de ce qui s’est dit en séance.
Quelle pourraît être la portée d’une signature de PV par le président ?
Pour certains de mes collègues, la signature de PV portant une disposition particulière annoncée en séance permet plus facilement d’être opposée au Président s’il a signé le PV que si celui-ci a fait d’une simple adoption.
Je ne le pense pas dans la mesure où, lors de l’adoption, le secrétaire prend bien soin de consigner au PV de la séance en cours les observations formulées sur le PV présenté à l’adoption.
Le texte légal prévoit expressément d’ailleurs cette disposition : le chef d’entreprise fait connaître, à la réunion qui suit la communication du PV sa décision motivée sur les propositions qui lui ont été soumises. Les déclarations sont consignées dans le procès verbal.
Une question subsiste et fait débat, y compris dans les rangs des experts. Le président dispose-t-il du droit de participer au vote lors de l’adoption du PV ?
Une thèse soutient que le président préside la séance et n’a pas à s’immiscer dans son procès verbal fut-ce lors de son adoption. Ainsi, il n’aurait pas droit de vote lors de cette adoption.
Je prétends que, membre à part entiuère du CE, et premier responsable du bon déroulement de la réunion, il dipose d’un droit identique aux autres membres au moment de l’adoption du PV.
Attention, je dis bien un droit identique aux autres membres : 1 homme (ou femme) égal une voix ! La voix du président ne saurait être prépondérante.
Quelle communication en direction des salariés ?
Les textes laissent sous silence le problème de la communication à l’issue des réunions ou, plus exactement, ils l’organisent de telle sorte que les salariés sauront ce qui s’est dit en séance au mieux un mois après celle-ci :
Le procès verbal , après avoir été adopté, peut être affiché ou diffusé dans l’entreprise…
Je reviendrais dans un prochain article sur les mécanismes à mettre en oeuvre pour palier cette anomalie.
Deux budgets de comité d’entreprise : Comment placer les fonds ? Faut-il deux comptes bancaires ? 31 janvier 2008
Posted by sciboz-expert-ce in Budget, Trésorier CE, comité d'entreprise.Tags: budgets, comptes bancaires, placements
add a comment
Il n’est pas rare que les trésoriers de CE aient ouverts deux comptes bancaires pour suivre les 2 budgets du CE.
En effet, puisque les deux budgets du comité doivent être gérés distinctement, la simple logique conduit à l’existence de deux comptes bancaires.
Pour autant,
“il n’y a aucune obligation légale à ce que les fonds du CE soient éclatés sur 2 comptes courants”.
Les fonds peuvent être sur le même compte courant et la comptabilité tenue distinctement.
De mon point de vue l’existence de deux comptes est même un handicap. Les fonds sont versés sur les comptes respectifs et le placement est souvent oublié…
Pire encore, le comité risque de se retrouver avec deux comptes courant et deux comptes de placement. Les intérêts de chaque placement sont alors reversés à chaque budget.
De mon point de vue, le CE se prive de moyens complémentaires. Les intérêts des fonds placés au titre du budget de fonctionnement sont ici restitués au budget de fonctionnement, budget pour lequel les élus disent ne savoir comment l’utiliser.
Les intérêts du budget de fonctionnement peuvent-ils être utilisés par le budget social ?
Quant à avoir deux comptes,
-
ouvrez un compte courant pour faire face aux dépenses à court terme quelles soient liées aux dépenses sociales et/ou de fonctionnement
-
ouvrez un compte de placements sur lequel vous placerez toutes les sommes dont la disponibilité n’est pas requise immédiatement.
Les intérêts issus des fonds placés, qu’ils viennent du budget social ou du budget de fonctionnement seront versés au gré des élus sur le budget qui leur demande le plus de moyens… le plus souvent, le budget social !
Certes les puristes retiendront que je suggère de transgresser la règle qui veut que l’accessoire suive le principal… Les intérêts produits par un budget devraient alimenter ce même budget…
Mais qui pourrait faire grief au trésorier d’avoir, par son action de bon gestionnaire, généré des moyens supplémentaires utilisable par la collectivité.
Le trésorier n’a pas dégradé la source. Les sommes du budget de fonctionnement ne sont pas amputées pour déployer une action sociale. C’est, le plus dégagé par la gestion qui servira le budget social
Ainsi, par cette action simple, le trésorier développe des moyens financiers issus du budget de fonctionnement pour le compte du budget social.
Trésorier de comité d’entreprise : Comment mieux utiliser le budget de fonctionnement ? 27 janvier 2008
Posted by sciboz-expert-ce in Budget, Expert CE, Trésorier, Trésorier CE, comité d'entreprise.Tags: budget de fonctionnement, comité d'entreprise, utilisation
305 comments
Je l’ai exprimé dans mon article précédent, le législateur a voulu l’existence de deux budgets avec la volonté que chacun d’eux soit utilisé pour des missions précises :
-
le budget social pour les activités sociales et culturelles destinées aux salariés
-
le budget de fonctionnement économique et professionnel destiné aux élus
Comme déjà évoqué, le constat des élus est le suivant :
“il manque de l’argent pour les activités sociales”
“l’on ne sait pas quoi faire de l’argent disponible au budget de fonctionnement”
A cette affirmation, trop souvent rencontrée à mon avis, je commence par répondre aux élus de bien utiliser leur budget de fonctionnement.
Rappelons qu’il est né d’un constat d’absence de moyen pour aider le CE à remplir ses missions sur le volet économique.
Alors, en premier lieu, comment mieux utiliser ce budget de fonctionnement ?
1. L’appel aux experts
Une telle initiative entre évidemment dans le budget de fonctionnement du CE.
De quels experts parlons nous ici ?
Le comité peut faire appel à tout expert de son choix pour lui demander de réaliser toute étude utile dans son exercice professionnel.
Il peut s’agir par exemple :
-
d’une enquête auprès des salariés sur leur conditions d’emploi et/ou de travail, leur pratique de loisirs, leur attentes en matière de formation…
-
d’une assistance juridique, tant deviennent complexes et interprétables les relations du travail et le droit qui les entoure
-
d’une étude comparative sur les conventions collectives applicables dans deux entreprises qui se rapprochent
-
d’une relecture critique d’un texte qui lie le CE a un partenaire extérieur (convention, contrat…)
-
d’un examen sur le contenu d’un plan de sauvegarde de l’emploi
-
d’un diagnostic sur l’action conduite par le comité
-
d’une certification des comptes tenus par le CE
-
…/…
La liste n’est pas exhaustive, le CE peut faire appel à tout expert de son choix qui, bien entendu, présente des compétences utiles face au problème soulevé !
Attention toutefois à ne pas nommer un expert pour exercer une mission légale ! En effet, ces missions légales sont payées par l’entreprise.
Il s’agit des missions liées à :
-
la connaissance de l’entreprise par ses comptes : lecture et l’analyse des comptes de l’entreprise (comptes annuels, comptes prévisionnels, comptes consolidés et réserve de participation),
-
des missions relatives aux risques potentiels (droit d’alerte face à des faits préoccupants pour l’emploi)
-
des missions sur le risque réel (restructuration de l’entreprise pouvant conduire à des licenciements économiques)
2. L’action de formation des élus
Exercer la mission d’élu CE demande de plus en plus de connaissances pour limiter le risque dans les décisions prises. La formation professionnelle des élus est organisée pour répondre à cet enjeu :
-
missions et moyens pour appréhender l’outil CE dans ses deux missions,
-
gestion des budgets pour assurer la transparence indispensable à la confiance,
-
communication tant le CE doit se considérer comme carrefour de cette communication dans l’entreprise
missions-moyens-fonctionnement.pdf
tresorier-ce-role-et-responsabilites-des-elus.pdf
Tels sont, selon moi, les formations essentielles que tout élu doit avoir suivies pour être pleinement acteur au sein de son institution.
3. La communication du CE
Comme déjà évoqué, le CE est un carrefour de communication. Au final, ce que les élus reçoivent ne leur est jamais destiné.
Lorsque la direction remet un dossier, les élus doivent en faire ressortir l’essentiel pour les salariés. Lorsque les salariés s’expriment auprès des élus c’est avec l’espoir que leur propos soient repris en réunion de CE… avec la limite presque toujours affirmée :
“tu ne dis pas que c’est moi qui en ai parlé”
Ce rôle de carrefour est primordial dans l’action du CE.
Être assisté pour assurer cette action doit être prise en compte par le budget de fonctionnement. Celà peut aller de la seule prise de note par un (e) secrétaire en séance pour faciliter la rédaction du PV jusqu’à… la constitution d’un site internet… selon ses besoins, selon ses moyens.
4. Le fonctionnement courant du comité
Le budget de fonctionnement doit enfin être utilisé pour le fonctionnement même du comité dans ses actions économiques et professionnelles au-delà des obligations qui pèsent sur l’entreprise.
Par exemple, le local du CE doit être fourni par l’employeur. Il doit être équipé de tables, chaises et armoire.
Le budget de fonctionnement du CE peut lui être utilisé pour faire également de ce local un lieu convivial pour l’accueil des salariés lors des permanences que ne manquront pas de tenir… sous réserves évidemment que ce local soit suffisamment grand pour permettre l’accueil des salariés.
Attention ici à respecter la limite dans l’utilisation de ce budget pour le fonctionnement du comité. La finalité de l’action doit être recherchée pour savoir si celle-ci doit s’imputer au budget social ou au budget de fonctionnement.
Les frais relatifs à un déplacement pour rendre visite au fournisseur de cadeaux de fin d’année sont supportés par le budget social du comité.
pour aller plus loin à propos du budget de fonctionnement: www.sciboz-expert-ce.fr (onglet expertise puis conseil & stratégie)
Voir aussi les autres articles pilés dans ce blog (archives):
- Trésorier de comité d’entreprise : comment développer une action sociale à partir du budget de fonctionnement (février)
- Comité d’entreprise : 2 budgets 2 histoires (janvier)
- Elus CE, utilisez votre budget de fonctionnement avant que le législateur… (avril)
- Deux budgets de comité d’entreprise : comment placer les fonds ?, faut-il deux comptes bancaires ? (janvier)
- Trésorier de comité d’entreprise : faut-il une double signature lors du paiement ? (janvier)
- Non le budget de fonctionnement ne peut pas servir à payer les frais de fonctionnement des activités sociales (juin)
- Trésorier de comité d’entreprise, inexistant en droit mais acteur charnière de fait (janvier)
Comité d’entreprise : Président, secrétaire, 2 acteurs majeurs, complémentaires pour une bonne réunion de comité d’entreprise 11 janvier 2008
Posted by sciboz-expert-ce in Expert CE, Secrétaire CE, comité d'entreprise, président CE, réunion.Tags: comité d'entreprise, président, réunion, secrétaire
4 comments
Bonjour,
Vous en serez d’accord avec moi, les deux acteurs que sont le secrétaire du CE et le président sont indispensables à la bonne marche du comité.
L’un a charge de convoquer la réunion et de la présider, l’autre se voit confier la responsabilité de concevoir la mémoire du comité par le procès verbal de la réunion.
Concernant le rôle du président
La convocation doit être nominative, remise en mains propres ou adressée par lettre recommandée et accusé de réception pour pouvoir prétendre avoir réellement convoqué chaque élu, qu’il soit titulaire ou suppléant, ou encore les représentants syndicaux. L’arrivée du courrier électronique permet de garantir la véracité de la convocation.
La présidence de la réunion comporte en premier lieu l’ouverture et la clôture de la séance et l’appel des présents. Le président doit alors s’assurer de la présence du secrétaire et, en cas d’absence, procéder à son remplacement, soit par le secrétaire adjoint (dès lors que le réglement intérieur du CE l’a prévu) soit par une élection d’un des membres titulaires.
Dans le déroulé de la réunion, le président respecter l’ordre du jour arrêté conjointement avec le secrétaire. Il doit veiller à la libre expression des tous les membres. Il doit aussi organiser les votes selon les points de l’ordre du jour qui implique consulation du comité. Le vote est naturellement organisé à mains levées, excepté si l’un des membres demande un vote à bulletin secret.
Concernant le rôle du secrétaire
Le PV de réunion est rédigé par le secrétaire. Il est ensuite transmis aux autres membres du comité. Le PV ainsi rédigé est proposé à l’adoption des membres lors d’une séance ultérieure. Une fois adopté, ledit PV peut-être communiqué aux salariés par voie d’afficahe réservé à la communication du personnel.
Le secrétaire a également à sa charge la conservation -sans limitation de temps- des Ordre du jour et PV de séance. Pour illustrer ce propos, je cite toujours le gain d’un procès gagné en 1994 sur la base de PV des années 45/46, date de création des CE.
Contrairement aux pratiques souvent rencontrées dans les CE, la signature du président ne revêt pas un caractère obligatoire. D’autant que très souvent, à cette occasion, le président demande à corriger la rédaction proposée par le secrétaire. N’oublions pas que le PV est le procès du verbe, de l’expression orale prononcée en séance et non ce que l’on aimerait dire après coup !
Ensemble, leur rôle est primordial
Comme évoqué ci-dessus, ils sont aussi, selon moi, complémentaires pour la bonne marche du comité. En effet, leur responsabilité est commune dans la rédaction de l’ordre du jour des réunions CE.
Le texte prévoit une rencontre entre ces deux acteurs. L’objectif de cette rencontre est la compréhension identique des mots employés sur les sujets à débattre. De cette compréhension dépend aussi la bonne tenue de la réunion. En effet, tant les élus que la direction peuvent préparer intelligemment la réunion, demander les informatuions utiles au débat, effectuer les recherches préalables, préparer les arguments utiles pour convaincre, solliciter, si nécessaire, les salariés concernés…
